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V de BTS révèle sa perte auditive : peut-on continuer à faire de la musique quand on entend moins bien ?

31 août
6 min de lecture
Foule de spectateurs filmant un concert sous lumières violettes et bleues, ambiance festive.

Il remplit des stades, chante devant des dizaines de milliers de personnes et appartient à l’un des groupes les plus connus de la planète. Pourtant, V, membre de BTS, vient de révéler qu’il vit depuis plus de deux ans avec d’importantes difficultés auditives d’une oreille.


Une annonce qui peut sembler paradoxale : comment un chanteur professionnel peut-il continuer à monter sur scène lorsqu’il entend moins bien ?


La réponse est importante, bien au-delà de la K-pop : une perte auditive ne signifie pas nécessairement la fin de la musique.


Et si Beethoven était encore parmi nous, il aurait probablement quelques petites choses à ajouter. Schroeder, le pianiste de Snoopy et admirateur absolu du compositeur, aussi.


V de BTS : « 100 » d'un côté, « 30 » de l'autre

En août 2026, V, de son vrai nom Kim Tae-hyung, a parlé publiquement pour la première fois de ses difficultés auditives lors d'un live Weverse avec Jungkook.


Le chanteur explique que le problème dure depuis environ deux ans et demi. Pour décrire ce qu'il ressent, il utilise une comparaison très parlante : si son oreille gauche entend à « 100 », son oreille droite serait, selon lui, à environ « 30 ».


Il précise également que ses difficultés se sont aggravées au cours de son service militaire et qu'il est aujourd'hui suivi médicalement, avec des consultations régulières à l'hôpital et un traitement.


Attention toutefois à ne pas transformer cette confidence en diagnostic à distance. Nous ne connaissons ni son audiogramme, ni le type exact de perte auditive dont il souffre, ni son origine. Parler de difficultés ou de perte auditive rapportée par l'artiste est donc plus rigoureux que de chercher à poser une étiquette médicale à sa place.


Mais une chose est certaine : V continue sa carrière. Et surtout, il continue à faire de la musique.


Être malentendant ne signifie pas vivre dans le silence

C'est probablement l'une des idées reçues les plus tenaces sur la perte auditive.On imagine volontiers deux situations : soit une personne entend « normalement », soit elle n'entend plus.


La réalité est beaucoup plus nuancée. Une perte auditive peut concerner davantage certaines fréquences que d'autres. Elle peut être légère, moyenne, sévère ou profonde, toucher une oreille ou les deux et ne pas avoir les mêmes conséquences selon les situations.

Une personne peut par exemple percevoir parfaitement certains sons et beaucoup moins bien certaines fréquences. Elle peut entendre qu'une personne parle sans comprendre distinctement tous les mots. Elle peut être relativement à l'aise dans le calme mais rencontrer beaucoup plus de difficultés dans le bruit.


Et elle peut aussi continuer à percevoir et à apprécier la musique. Entendre moins bien n'est pas synonyme de ne plus entendre.


Et pourtant, V continue à chanter avec BTS


C'est justement ce qui rend son témoignage intéressant. Nous parlons d'un chanteur professionnel dont le métier repose en grande partie sur l'écoute : sa propre voix, les autres chanteurs, les instruments, le rythme, les retours de scène…


Pour autant, sa difficulté auditive ne l'a pas automatiquement exclu de la scène.

Les musiciens professionnels disposent évidemment de conditions très différentes de celles d'un auditeur installé dans son salon. Sur scène, le son est contrôlé et les artistes utilisent notamment des systèmes de retour leur permettant d'entendre un mix adapté à leurs besoins.


Mais l'exemple de V rappelle surtout quelque chose de beaucoup plus général : une baisse de l'audition oblige parfois à s'adapter, elle n'interdit pas nécessairement de poursuivre ce que l'on aime.


Beethoven : sourd et pourtant compositeur


Difficile de parler de musique et de perte auditive sans penser à Ludwig van Beethoven.

Le parallèle doit toutefois être fait avec prudence : la situation de Beethoven n'était évidemment pas celle de V et les connaissances médicales comme les solutions auditives disponibles au début du XIXe siècle n'avaient rien à voir avec celles d'aujourd'hui.

Mais son histoire reste extraordinaire.


Beethoven n'avait même pas 30 ans lorsqu'il commença à constater la diminution de son audition. Sa perte auditive progressa au fil des années jusqu'à une surdité très importante.

En 1802, dans ce que l'on appelle aujourd'hui le Testament de Heiligenstadt, il décrit la souffrance provoquée par cette situation. Il raconte notamment son incapacité à entendre certains sons que les personnes autour de lui percevaient et surtout l'isolement social auquel ses difficultés auditives le conduisaient.


Pour un compositeur, on pourrait imaginer l'histoire terminée. Elle ne l'était pas.

Beethoven continua à composer alors même que son audition se dégradait considérablement.


Sa Neuvième Symphonie, l'une des œuvres les plus célèbres de toute l'histoire de la musique, fut créée en 1824, quelques années seulement avant sa mort.


Alors oui : si Schroeder, le petit pianiste de Peanuts qui voue pratiquement un culte à Beethoven, nous lisait aujourd'hui, il aurait probablement déjà claqué le couvercle de son piano devant quiconque affirmerait qu'une perte auditive empêche forcément d'être musicien.


Mais comment peut-on faire de la musique quand on entend moins bien ?


Parce que la musique ne repose pas sur un seul mécanisme. Chez un musicien expérimenté, des années de pratique ont construit une connaissance extrêmement fine des notes, des accords, des rythmes, des structures musicales et du fonctionnement de son instrument.

Le cerveau ne reçoit pas simplement un son : il l'interprète à partir de toute l'expérience accumulée.


Il existe également d'autres informations sensorielles. Les vibrations, les repères visuels, la mémoire musicale ou encore les sensations corporelles participent à l'expérience du musicien.


Cela ne signifie absolument pas qu'une perte auditive soit sans conséquence.

Elle peut modifier la perception des fréquences, des nuances, des timbres ou de l'équilibre entre différents instruments. Certains environnements sonores peuvent devenir plus difficiles à gérer. Une adaptation peut donc être nécessaire selon le type et l'importance de la perte auditive.


Mais entre « entendre différemment » et « ne plus pouvoir faire de musique », il existe un monde.


La musique peut d'ailleurs révéler une perte auditive


Il existe un autre enseignement intéressant dans cette histoire. Certaines personnes remarquent leur baisse d'audition… grâce à la musique.


« Je dois monter davantage le volume. »

« Les paroles des chansons sont moins nettes qu'avant. »

« Je n'entends plus certains instruments comme autrefois. »

« J'ai l'impression que le son est devenu plus terne. »

« Je règle différemment les graves et les aigus. »


Ces changements peuvent paraître anodins. Ils peuvent pourtant accompagner une modification de l'audition.


Dans la vie quotidienne, d'autres signes peuvent s'ajouter : demander plus souvent de répéter, avoir des difficultés à suivre une conversation au restaurant, augmenter le volume de la télévision ou avoir l'impression que les autres « articulent moins bien ».


Le cerveau est particulièrement doué pour compenser progressivement une baisse auditive. C'est notamment pour cette raison que certaines personnes attendent longtemps avant de s'en apercevoir réellement.


Une perte auditive ne doit pas faire renoncer à ce que l'on aime


C'est finalement le message le plus intéressant derrière la révélation de V. Il ne s'agit surtout pas de dire : « Beethoven a réussi malgré sa surdité, alors tout le monde peut le faire. »


Chaque perte auditive est différente et ses conséquences peuvent être importantes dans la vie personnelle, sociale ou professionnelle.


L'histoire de Beethoven montre d'ailleurs combien ses difficultés auditives l'ont fait souffrir et l'ont progressivement isolé.


Mais il existe aujourd'hui des possibilités que Beethoven n'aurait même pas pu imaginer : évaluations auditives précises, appareils auditifs numériques, réglages personnalisés, microphones déportés, connectivité avec les smartphones et téléviseurs, protections auditives adaptées aux musiciens


L'objectif n'est donc pas d'ignorer une difficulté auditive. C'est exactement l'inverse : la repérer, la comprendre et chercher les solutions permettant de continuer à vivre, travailler, discuter… et écouter ce que l'on aime.


Vous aussi, savez-vous vraiment comment vous entendez ?


V savait qu'il rencontrait une difficulté. Beethoven avait compris que son audition diminuait.

Mais une perte auditive peut aussi s'installer progressivement, suffisamment lentement pour que l'on s'y habitue sans vraiment s'en rendre compte.


Alors plutôt que d'attendre de devoir pousser le volume de la télévision — ou de découvrir que votre Neuvième Symphonie ne sonne décidément plus comme avant — faites le point sur votre audition.


Chez OUÏE AUDITION, nous pouvons tester votre audition et vous aider à mieux comprendre vos capacités auditives. En cas de perte identifiée, nous pourrons également vous expliquer les différentes étapes à envisager et vous orienter lorsque cela est nécessaire.

Parce qu'entre BTS et Beethoven, plus de deux siècles ont passé.


Heureusement, les possibilités pour prendre soin de son audition ont, elles aussi, beaucoup évolué.


Jonathan ZERBIB audioprothésiste à Fontenay-sous-Bois

Jonathan ZERBIB

Créateur de Ouïe Audition & Ouïe Shop — Expert en audiologie

Expert en audiologie, je partage avec vous les dernières innovations et conseils en matière d'audition. De la découverte des appareils auditifs de pointe aux sujets d'actualité sur l'audition et la société, ma mission est de vous éclairer et d'améliorer votre expérience auditive au quotidien.

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