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Les femmes pionnières de l'audiologie : l'histoire de celles qui ont marqué l'oreille


L'image est un fond rose avec le texte "Journée  de la Femme 8 Mars" en caractères jaune et violet. L'image est remplie de graphismes de visages de femmes de différentes couleurs de peau, représentant la diversité des femmes dans le monde. Au bas de l'image, il y a un logo pour "Ouïe Audition".

A l'occasion de la Journée Nationale de la femme, je voudrais non pas qu'on s'arrête sur la chanson de Julio Iglesias : "Vous les femmes", mais plutôt sur des femmes pionnières dans le monde de l'audiologie et de l'audioprothèse.


Marion Downs : une pionnière de la dépistage précoce de la perte auditive


Marion Downs, née en 1914, était une audiologiste américaine qui a consacré sa vie à améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de perte auditive. Elle est considérée comme l'une des pionnières de l'audiologie pédiatrique et de la dépistage précoce de la perte auditive.


Downs a commencé sa carrière en travaillant avec des enfants atteints de surdité et a rapidement compris l'importance d'un dépistage précoce de la perte auditive pour leur développement linguistique et social. Elle a ainsi développé des programmes de dépistage précoce de la perte auditive pour les nourrissons et les jeunes enfants, qui sont aujourd'hui largement utilisés dans le monde entier.


En reconnaissance de sa contribution à l'audiologie, Downs a reçu de nombreux prix tout au long de sa carrière, notamment la médaille d'or de l'école de médecine de l'université du Colorado.


Brenda Milner : la neuropsychologue pionnière de l'étude du cerveau et de la cognition


Brenda Milner est née en 1918 à Manchester, au Royaume-Uni. Elle est connue pour son travail pionnier dans le domaine de la neuropsychologie, en particulier pour ses études sur l'impact des lésions cérébrales sur la cognition. Elle a obtenu un baccalauréat en psychologie de l'université de Cambridge en 1939, puis un doctorat en psychologie clinique de l'université McGill en 1952.


Milner a travaillé pendant de nombreuses années à l'Institut neurologique de Montréal, où elle a commencé à travailler avec un patient appelé H.M. qui avait subi une lobectomie temporale pour traiter l'épilepsie. Elle a découvert que la lobectomie avait entraîné une perte de mémoire antérograde, ce qui signifie que H.M. était incapable de former de nouveaux souvenirs. Cette découverte a permis de mieux comprendre le fonctionnement de la mémoire dans le cerveau humain.


Au cours de sa carrière, Milner a reçu de nombreux honneurs et récompenses, notamment la Médaille royale du Canada. Elle est également membre de la Société royale du Canada.



Carole Rogin : la femme qui a défendu l'accès à la communication pour les personnes sourdes et malentendantes


Carole Rogin est une personnalité importante dans le domaine de l'audiologie aux Etats-Unis. Elle a obtenu son diplôme de premier cycle à l'Université de Virginie et une maîtrise en pathologie de la parole à l'Université George Washington.


Carole Rogin a exercé comme pathologiste de la parole pendant cinq ans et s'est impliquée dans des associations professionnelles en tant que bénévole. Elle a ensuite travaillé à l'Association américaine de la parole et de l'audition en tant que directrice d'un projet financé par le gouvernement avant d'être recrutée par une société de gestion d'associations.


Depuis 1980, elle travaille pour l'Association des industries de l'audition (HIA), où elle a été directrice du développement du marché, directrice exécutive et maintenant CEO. HIA est une organisation à but non lucratif pour les fabricants et les fournisseurs de composants d'appareils auditifs. Son objectif est de soutenir l'environnement dans lequel ses produits sont fabriqués et livrés et d'augmenter le nombre de personnes bénéficiant d'appareils auditifs aux États-Unis.


Catherine Palmer : la chercheuse qui a révolutionné la compréhension de la perte auditive chez les femmes âgées


Le Dr. Catherine Palmer est une professeure agrégée au département de sciences et troubles de la communication à l'Université de Pittsburgh, où elle dirige le programme AuD et l'audiologie de l'UPMC Integrated Health System, y compris l'hôpital pour enfants de l'UPMC. Elle a obtenu son baccalauréat en sciences et son baccalauréat en arts à l'Université du Massachusetts à Amherst, sa maîtrise en audiologie à Northwestern University et son doctorat en audiologie à Northwestern également.


Elle est l'auteure de trois livres, trois programmes logiciels, et plus de 30 articles de revues évalués par des pairs.


Le travail du Dr. Palmer se concentre sur les aides auditives et la technologie d'amplification sonore pour les personnes ayant une perte auditive. Elle a mené des recherches avec des districts scolaires locaux pour déterminer les systèmes d'amplification sonore les plus efficaces en classe, qui ont permis de minimiser les problèmes de comportement et de maximiser les résultats académiques chez les élèves de la maternelle, de première et de deuxième années.


Catherine Palmer travaille également avec les industries aérienne et manufacturière pour améliorer la protection auditive des employés. En outre, elle aide les soignants de patients atteints de la maladie d'Alzheimer pour améliorer leur qualité de vie avec des dispositifs d'assistance auditive appropriés et bien adaptés. Elle mène actuellement des recherches sur l'adaptation du système auditif humain aux signaux amplifiés.



Laurel H. Carney : la femme qui a étudié les mécanismes de traitement de l'information sonore dans l'oreille interne


Laurel H CARNEY est une chercheuse qui étudie les mécanismes neuronaux impliqués dans la perception de sons complexes, en utilisant des techniques de neurophysiologie, de comportement et de modélisation computationnelle. Elle se concentre principalement sur l'audition chez les personnes ayant une audition normale, mais s'intéresse également à l'application de ses résultats à la conception de stratégies de traitement du signal pour aider les personnes atteintes de perte auditive.


Ses recherches actuelles se concentrent sur la détection de signaux acoustiques dans le bruit de fond et la détection de fluctuations d'amplitude de sons. Elle étudie les limites psychophysiques de ces tâches et les mécanismes neuronaux associés en utilisant des stimuli correspondant à ceux des études comportementales. La modélisation computationnelle aide à combler le fossé entre les études comportementales et physiologiques. Les indices et les mécanismes utilisés par les modèles peuvent être manipulés pour tester différentes hypothèses de codage et de traitement neuronal.


Elle a travaillé en tant que professeur adjoint à Boston University de 1991 à 1997, puis comme professeur associé jusqu'en 2001. Elle a également été rédactrice en chef adjointe de Physiological Acoustics de 1999 à 2002. Elle a été professeur à Syracuse University de 2001 à 2007 et travaille actuellement à l'Université de Rochester depuis 2007. Elle a été élue membre de l'Institut américain d'ingénierie médicale et biologique en 2006 et membre de l'Acoustical Society of America en 2002, en reconnaissance de ses contributions à la compréhension intégrée de la physiologie et de la psychophysique de l'audition.


Isabelle Mosnier : la chirurgienne française spécialisée dans les implants cochléaires


Isabelle Mosnier est une chirurgienne française spécialisée dans les implants cochléaires, née en 1973. Elle a obtenu son diplôme de médecine à l'Université Pierre et Marie Curie à Paris.

Dr Mosnier a participée à la mise en place d'un protocole de stimulation électrique pour améliorer la compréhension de la parole chez les patients atteints de surdité profonde. Elle a également travaillé sur des techniques chirurgicales pour la préservation des cellules ciliées de l'oreille interne lors de la pose d'implants cochléaires.


Christine Petit : la chercheuse française spécialisée dans la génétique de l'audition


Christine Petit est une médecin et chercheuse en biologie spécialisée dans la génétique humaine née en 1948.


Elle a obtenu son doctorat en biochimie et génétique à l'Institut Pasteur en 1982, après avoir soutenu sa thèse de médecine à l'hôpital de la Salpêtrière en 1974. Elle a également effectué des post-doctorats à Bâle et au Centre de génétique moléculaire de Gif-sur-Yvette avant de rejoindre l'Institut Pasteur. Elle dirige depuis 1993 l'unité Inserm U587 "Génétique et Physiologie de l'Audition" et est professeure de génétique et de physiologie cellulaire au Collège de France depuis 2002.


Christine Petit est surtout connue pour ses travaux sur les mécanismes moléculaires responsables des inversions de sexe chez l'humain, ainsi que pour ses recherches sur le développement et le fonctionnement du système auditif. Elle a identifié un grand nombre de gènes impliqués dans les surdités héréditaires, ainsi qu'un gène impliqué dans le syndrome de Kallmann et un autre impliqué dans le syndrome d'Usher.


Ses travaux sur la cochlée, l'organe sensoriel auditif, ont permis de mieux comprendre le développement et le fonctionnement de cette structure réceptrice du son. Elle a également été élue membre de l'Académie des sciences en 2002 et a reçu de nombreuses distinctions, notamment le Grand Prix INSERM de la recherche médicale en 2007 et le prestigieux prix Kavli de neurosciences en 2018, partagé avec A. James Hudspeth et Robert Fettiplace.


Conclusion


Les femmes ont joué un rôle important dans l'évolution de l'audiologie en tant que profession et en tant que domaine de recherche. De Marion Downs, la pionnière du dépistage néonatale, à Christina Petit, qui fait de la recherche sur la génétique, les femmes ont apporté des contributions importantes dans de nombreux domaines de l'audiologie.


Pourtant, il reste encore beaucoup à faire pour que les femmes soient mieux représentées dans le domaine de l'audiologie. Selon l'American Speech-Language-Hearing Association, les femmes ne représentent que 34% des audiologistes en exercice aux États-Unis.


En conclusion, les femmes ont eu un impact considérable sur le développement de l'audiologie et continuent de contribuer de manière significative à ce domaine. Il est important de reconnaître leurs contributions passées et présentes, et de travailler à créer des environnements de travail plus inclusifs et équitables pour les femmes dans l'audiologie et dans les domaines scientifiques en général.



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